Officiers du droit d’asile

Dans les bureaux de l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides, des hommes et des femmes accueillent ceux qui viennent du monde entier pour bénéficier du droit d’asile. Ce sont les officiers de protection de l’OFPRA. Ils écoutent, interrogent, décident de donner la protection de la France, ou de la refuser le plus souvent. Voici une immersion à leurs côtés, au sein de cet établissement public pas comme les autres. Un documentaire de Pierre-Nicolas Durand. Une production

‘EKLA PRODUCTION’

https://www.publicsenat.fr/emission/officiers-du-droit-d-asile-76899
Officiers du droit d’asile

Publicités

Enquête de septembre sur les exilés de Calais

Communiqué de presse
 
Pour quelles raisons les migrants viennent-ils à Calais ?
 
Tous les mois, nous réalisons un comptage des exilés présents à Calais, et une enquête sur un thème particulier. Le mois dernier, nous nous étions concentrés sur les conditions de vie. Ce mois-ci, nous avons travaillé sur les projets d’asile des migrants. Vous trouverez ci-joint les résultats de notre enquête (données brutes et présentation).
L’enquête de septembre est la plus grande réalisée par des associations depuis le démantèlement en octobre 2016. Elle a mobilisé 20 personnes sur 3 jours.
Calais
Comptage :
 
Ce mois-ci, nous avons compté 556 personnes. Ce nombre doit être compris comme un minimum, car il n’est pas possible de recenser tout le monde en une journée. En se basant sur plusieurs éléments (chiffres des autres associations, nombre de repas distribués), nous estimons qu’il y a aujourd’hui 700 exilés à Calais.
Enquête :
 
Les différentes questions posées se trouvent dans le document de méthodologie en pièce jointe. L’enquête montre clairement les différentes raisons qui poussent les migrants à venir à Calais. Aperçu des résultats :
Plus jeune répondant : 13 ans
Age moyen : 21 ans
92.5% veulent demander l’asile en Angleterre
6.5% veulent demander l’asile en France


Parmi les migrants qui veulent demander l’asile en France :
45% parce qu’ils aiment ce pays
45% parce qu’ils pensent correspondre aux critères pour l’obtenir
58% ne veulent pas aller en CAES
8% veulent y aller
8% ne savent pas ce que c’est
Parmi les migrants qui veulent demander l’asile en Angleterre :
62% parce qu’ils ont des proches en Angleterre (famille, amis, connaissances)
15% pour étudier
10% parce qu’ils pensent que le règlement Dublin ne s’y applique pas
45% d’entre eux ne veulent pas demander l’asile en France parce qu’ils ont des proches dans un autre pays
26% parce qu’ils ont peur d’être mis en procédure Dublin
16% parce qu’ils ne se sentent pas en sécurité ici

 Calais 2
Analyse et recommandations :
 
Vous trouverez en pièce jointe un document présentant l’analyse de l’Auberge sur ces résultats et ses recommandations. Petit aperçu ci-dessous :
  • La politique migratoire belge a des conséquences sur Calais : plusieurs soudanais sont arrivés ici, de peur d’être expulsés.
  • Les chiffres montrent un dysfonctionnement de l’information sur les CAES (centre d’accueil et d’examen des situations)
  • il n’existe pas encore de solution efficace pour les migrants qui souhaitent rejoindre leurs proches.
  • Il y a une grande méconnaissance sur les différences entre les systèmes de demande d’asile français et britannique.
  • L’application des accords de Dublin III par la France poussent les migrants vers Calais.
  • La politique de lutte contre les points de fixation ne donne que des résultats opposés à son objectif initial.
  • La politique actuelle du gouvernement est une solution pour seulement 1.17% des migrants à Calais.
Recommandations :
  • Stopper la politique répressive et le harcèlement policier.
  • Créer des lieux d’aide humanitaire, qui permettraient notamment de recevoir des informations sur les dispositifs de demande d’asile et de mettre en place un dispositif de sortie d’hôpital pour les patients (vous trouverez également en pièce jointe notre rapport sur les blessures et les maladies des migrants en août).
  • Créer des couloirs humanitaires avec l’Angleterre.
  • Application de l’amendement Dubs par le gouvernement britannique.
  • Rendre plus efficaces les procédures de réunifications familiales (réduire les délais, donner plus de moyens aux services de protection de l’Enfance et aux administrations)
  • Modification de l’application des accords de Dublin III, afin que les exilés demandent l’asile en France (exemple, les limites de ces accords expliqués dans cet article : http://www.15h52.net/le-reglem ent-dublin-injuste-et-irration nel/)
Vous trouverez les précédentes enquêtes de l’Auberge ici :
Loan Torondel
Auberge des Migrants – Coordination

A Calais ou Paris, les migrants deviennent invisibles

migrants invisibles
LE MONDE | • Mis à jour le

Par Maryline Baumard

Dans les deux villes, il n’y aura « plus personne à la rue à la fin de l’année », comme le souhaite le chef de l’Etat, si la chasse à l’homme et la dispersion continue.

Un, deux, trois… huit. Huit camionnettes de CRS se garent devant le centre humanitaire de la Porte de la Chapelle. Il est 14 heures, l’heure de la relève, jeudi 5 septembre. Comme chaque jour depuis le 18 août, trois véhicules se positionnent devant l’entrée face à une petite centaine d’Afghans et d’Africains venus chercher un ticket leur donnant droit à quelques nuits au chaud dans trois semaines, faute de places avant.

Deux véhicules s’installent sur le boulevard Ney, de chaque côté de la Porte et deux autres rejoignent le point où des distributions citoyennes ont lieu, pendant que le dernier se positionne sous le nœud des autoroutes.

Les cinquante membres des forces de l’ordre présents là vingt-quatre heures sur vingt-quatre ont pour consigne d’éviter la moindre installation de rue. Alors, par petits groupes, armés et gantés, les CRS assurent leurs promenades dissuasives, s’arrêtant face à tout ce qui s’apparente à une sédentarisation.

« Ils nous disent toutes les heures de partir »

« Depuis ce matin ils nous disent toutes les heures de partir », commente Hissène un jeune Tchadien assis avec son copain sur les pelouses boulevard Ney. Hissène surveille sa lessive sur les blocs de béton rouge et blanc qui empêchent le stationnement. Cent mètres plus loin, dans une rue perpendiculaire, un Soudanais s’étire sur le banc d’un arrêt de bus. « J’ai dû dormir deux heures… La nuit dernière j’ai été sans cesse réveillé par la police », se plaint-il.

Ce même après-midi, ils sont au moins 150 dans le jardin d’Eole, plus au sud du 18e arrondissement. Un groupe d’Afghans y joue au volley pendant que des Africains squattent tables et gradins de pierre. « On va d’un endroit à l’autre. On cherche des coins où la police nous laisse tranquilles », observe un Ethiopien ravi d’avoir obtenu un morceau de pain et une timbale de lait des mains de Tata Zenab. Installée rue Pajol, cette banlieusarde pleure en voyant s’allonger la file de jeunes affamés qu’elle ne pourra pas tous satisfaire.

A Paris, se faire une place à la rue est devenu tout un art. La chasse à l’homme et à l’installation de campements a disséminé les migrants en plus de 40 points sur le nord-est de la capitale. Mais si l’interdiction des campements masque les arrivées, elle ne les réduit pas.

Les statistiques montrent la même traîne de 50 à 60 arrivées quotidiennes ; de 700 à la fin de la semaine dernière ils vont passer le cap des 1 000 qui traînent dans Paris cette fin de semaine, à ajouter aux 300 qui attendent dans un gymnase un examen de leur dossier depuis la dernière évacuation de rue du 18 août. Entre le 4 et le 9 septembre, seuls 150 d’entre eux ont pu entrer dans le centre humanitaire que l’Etat n’a plus guère vidé, considérant que Paris devait se débrouiller avec ses migrants. Jeudi 7, pourtant, la doctrine a changé et il a été décidé d’orienter à nouveau vers la province.

Eviter le centre humanitaire et son contrôle administratif

Aujourd’hui, une partie des Afghans, Soudanais ou Erythréens ne veulent plus pénétrer dans le centre humanitaire pour éviter le contrôle administratif qui va avec. Electricien érythréen, Ghezal erre sur le boulevard Ney. « J’ai été hébergé au centre cet été et on m’a dit que je serais renvoyé en Italie où j’ai laissé mes empreintes. Je devais avoir un avion le 8, mais je ne suis pas allé chercher le billet », insiste celui qui s’apprête à entrer en clandestinité, bien décidé à ne pas retourner en Italie.

Reza, un Afghan de Kaboul, revient juste de Rome. Il est sur une piste pour des chantiers en banlieue, mais ne demandera plus asile à la France qui, au nom des accords de Dublin – en vertu desquels les migrants enregistrés dans un autre pays européen doivent y être transférés pour leur demande d’asile –, l’a déjà renvoyé.

La machine administrative tente comme elle peut de dissuader de venir en France, comme si elle n’avait pas entendu que le président Macron voyait dans l’accueil de réfugiés « l’honneur de la France ». Dans les Alpes-Maritimes, le préfet a été condamné le 4 septembre pour la deuxième fois pour avoir empêché de déposer en France une demande d’asile… 574 personnes ont déjà été renvoyées depuis Paris depuis janvier selon la préfecture de police, alors que sur toute l’année 2016, 1 293 avaient été expulsés depuis la France entière pour avoir laissé trace de leur passage ailleurs.

« Les fonctionnaires perdent beaucoup de temps sur ces dossiers alors qu’ils pourraient l’utiliser pour traiter plus vite la demande d’asile comme le gouvernement s’y est engagé », observe Gérard Sadik de la Cimade. « Une partie de ceux qui sont renvoyés reviennent, les autres redéposeront une demande sous six ou dix-huit mois, après avoir occupé des places d’hébergement pendant tout ce temps, alors qu’on en manque », rappelle un autre acteur du secteur.

Engorgement

A Calais, la politique de dissuasion est aussi forte qu’à Paris, mais elle s’exprime différemment. Cinquante-deux jours après la décision du conseil d’Etat (28 juillet) enjoignant l’Etat et la Ville de Calais de « créer plusieurs dispositifs d’accès à l’eau permettant aux migrants de boire, de se laver et de laver leurs vêtements, ainsi que des latrines, et d’organiser un dispositif adapté d’accès à des douches », ces dernières devraient arriver.

Rue des Garennes, mercredi 6 à 12 h 30, une camionnette de CRS, partie intégrante des  1081 policiers affectés là, roule au pas, au rythme de la marche d’un groupe d’une trentaine de jeunes Erythréens. « Quand ils nous suivent comme ça, on risque toujours d’être gazé », raconte l’un d’eux, qui confirme que le harcèlement n’a pas décru en même temps que la température.

Pourtant en dépit de la dureté de vie, l’engouement pour les deux centres d’hébergement des Hauts-de-France n’est pas au rendez-vous. Depuis juillet, seuls 139 exilés y sont partis, selon la préfecture. Vingt-six ont fui après quelques nuits au chaud et seuls quinze ont été orientés vers un dispositif plus pérenne. C’est l’engorgement puisque la préfecture de Lille ne propose que treize rendez-vous par semaine pour déposer sa demande d’asile.

« De toute manière, nous ne faisons pas la promotion de ces centres où l’on trie les gens avec objectif de les dubliner », rappelle Vincent de Coninck du Secours catholique « et nous, on est là pour passer en Grande-Bretagne », ajoute Razoul, qui n’a jamais quitté la ville-frontière depuis le démantèlement de la « jungle » il y a dix mois et croit toujours que sa chance viendra.

« On oblige les migrants à se cacher »

Paris, Calais… les logiques de « dispersion » se ressemblent. « On oblige

​​

les migrants à se cacher pour faire disparaître le sujet des yeux des citoyens et des journalistes », dénonce Louis Barda, le responsable du sujet à Paris pour Médecins du Monde.

Aujourd’hui les humanitaires sont de plus en plus convaincus que le « d’ici la fin de l’année, je ne veux plus personne dans les rues, dans les bois »lancé par Emmanuel Macron le 27 juillet à Orléans ne se réalisera pas par une mise à l’abri mais par une invisibilisation.

« Au rythme des opérations de dispersion, il n’y aura sans doute plus personne de visible », renchérit Maya Konforti, de l’Auberge des Migrants. Pour elle, la phrase du président de la République n’avait qu’une visée internationale. « Sinon il ne laisserait pas faire ce que les exilés subissent tous les jours à Paris ou Calais », estime-t-elle. La militante juge comme le chef de l’Etat que « l’honneur de la France est d’accueillir les réfugiés », mais observe que 80 % de ceux qui ont été évacués de la « jungle » en octobre ont obtenu le statut de réfugiés… et que la vague suivante de ce même public est aujourd’hui inlassablement pourchassée..

Chassée et dispersée au point qu’un membre de l’encadrement des CRS déplore « cette large dispersion des migrants sur toute l’agglomération de Calais ». À Paris aussi, la préfecture de police exécute certes les ordres du ministère de l’intérieur, mais en s’inquiétant de cette stratégie de court terme.

[Article 13] L’horreur ne prend jamais de vacances

Bonjour à tous,

Lors de l’Assemblée mondiale de Jesolo, les groupes Emmaüs ont choisi de s’engager dans un combat pour la Paix et la liberté de circulation et d’installation des personnes. C’est dans ce cadre que l’ensemble du Mouvement se mobilise.

Début septembre, une cinquantaine de compagnons, bénévoles et salariés du Mouvement Emmaüs traverseront le détroit de Gibraltar à la nage et en kayak, pour défendre l’Article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du citoyen, qui garantit à chacun le droit de circuler librement.

Cette traversée s’inscrit dans le cadre d’une campagne lancée par le Mouvement Emmaüs, pour sensibiliser le grand public à ce droit trop souvent violé.

Vous trouverez en cliquant ici la première vidéo réalisée dans le cadre de cette campagne.

Relayer, partager, diffuser cette campagne autour de vous, dans vos salles de ventes ou sur les réseaux sociaux, c’est déjà y participer ! Nous comptons sur vous !

Une seconde vidéo vous sera envoyée quelques jours avant la traversée, afin de poursuivre cette sensibilisation.

Ensemble, mobilisons-nous pour notre combat, et pour le respect de l’Article 13.

Solidairement,

Emmaüs International

En route vers le Royaume-Uni

En route vers le Royaume-Uni
Enquête de terrain auprès des migrants vietnamiens

Thi Hiep NGUYEN et Danielle TAN
Irasec et France terre d’asile, mars 2017, 132 p.
ISSN : 2102-376X

Les migrants vietnamiens sont loin d’être les plus nombreux à Calais, mais ils passent régulièrement pour rejoindre leur eldorado anglais.
Du Vietnam à Calais sur la route de l’Angleterre. France Terre d’Asile vient de sortir une enquête de terrain auprès des migrants vietnamiens en route vers le Royaume-Uni. Ce n’est pas l’immigration la plus visible, loin de là, ou la plus nombreuse. Pourtant les Vietnamiens sont bel et bien présents sur le Calaisis, dans l’ombre.
Ils sont présents depuis près d’une dizaine d’années et sont plus visibles dans le Béthunois avec un petit camp à Angres, surnommé par les migrants Vietnam City, près de l’autoroute A26, et à Paris, étape généralement incontournable sur leur parcours, pour une période plus ou moins longue en fonction de leurs finances.

Trois filières de passeurs vietnamiens démantelées sur le Calaisis

À Calais, ils logent dans des hôtels avant leur passage de la Manche, pour ceux qui optent pour la formule la plus chère, la VIP, qui coûte entre 10 000 et 14 000 euros. Ou ne font qu’y passer en quête d’un camion pour atteindre leur eldorado. Huong «  a passé deux nuits à l’hôtel à Calais et les passeurs l’ont conduit à un camion où elle s’est cachée. Ils avaient payé le chauffeur. Elle est passée à la première tentative.  »
«  L’étape de Calais est déterminante dans leur parcours  », peut-on lire dans le rapport. Et elle peut prendre du temps. Un migrant vietnamien explique avoir mis un an à passer, et s’être fait arrêter 42 fois à Calais. Ils sont entre 100 et 200 selon les années à être arrêtés et à passer un temps au centre de rétention administrative de Coquelles (212 en 2010 soit 16,6 % des personnes, 91 en 2012). En 2015, trois filières de passeurs vietnamiens ont été démantelées sur le Calaisis.
Les passeurs ont parfois leur propre flotte de camions d’import-export.
En Angleterre, la préoccupation est plus grande. «  Les autorités britanniques s’inquiètent de voir un nombre croissant de ces migrants clandestins, et en particulier des mineurs, être exploités dans des usines à cannabis. » 96 % des personnes interpellées étaient vietnamiennes.
Ces Vietnamiens sont en majorité issus du nord et du centre du Vietnam, des jeunes hommes entre 15 et 24 ans qui fuient la pauvreté et le manque de perspectives et rêvent d’une «  vie meilleure en Europe et, plus particulièrement au Royaume-Uni qu’ils considèrent comme une terre promise ». Les mirages des « agences » et de ceux qui ont déjà émigré leur font miroiter des salaires et des conditions de vie excellents.

Du Vietnam à la Russie jusqu’en Angleterre, via Calais

La réalité est bien sûr bien différente, avec des dettes moyennes de plus de 20 à 30 000 euros pour le voyage jusqu’à leur eldorado, du travail au noir, voire de l’esclavage moderne.
Leur parcours passe souvent par l’ancien bloc soviétique : la Russie, l’Ukraine, la Biélorussie et la Pologne, avant l’Allemagne, la Belgique et la France.
La suite ? D’après le rapport, «  le renforcement de la sécurité suite au démantèlement de la jungle de Calais semble sérieusement compromettre le passage des Vietnamiens vers le Royaume-Uni. Il se dit que le passage est bloqué momentanément à cause de Calais. Les agences font attendre ceux qui veulent partir. » Mais la situation ne devrait pas durer. Les Vietnamiens reviendront dans l’ombre de ces routes migratoires verrouillées par les passeurs et les espérances.

 

Par le Nord Littoral, le 04/05/2017

Il ne fait pas bon être migrant à Steenvoorde en ce moment.

11-07-2017

Triste anniversaire.

11 juillet 2016 démantèlement du campement historique.

11 juillet 2017 démantèlement de la nouvelle « jungle ».

Mardi à 7 heures du matin, 120 représentants de l’état (CRS, PAF, OFFI, gendarmerie…) ont investi le petit bois à proximité de l’autoroute A25. Cinquante-huit personnes ont été interpelées dont huit femmes et huit mineurs. Les majeurs ont été dirigés en bus vers des CAO (centre d’accueil et d’orientation). Les mineurs ont été pris en charge par la protection de l’enfance du département.

Mardi soir, à la sortie de la salle, 23 personnes ayant échappé à la rafle du matin ont été interpelées par la gendarmerie et emmenées en bus vers, soi-disant, un CAO, en fait elles se sont retrouvées à l’hôtel de police de Lille et ont été libérées à 3 heures du matin.

Mercredi matin, retour des migrants, une dizaine d’entre eux sont de nouveau arrêtés le soir même à la sortie de la salle par les CRS peu loquaces quant à la destination des interpelés. La gendarmerie et les CRS sillonnent la ville et les alentours, la chasse à l’Homme peut continuer. La nuit a dû être mouvementée.

Jeudi matin un hélicoptère survole longuement la zone. Trois exilés dont 2 demandeurs d’asile sont interpelés devant la salle, ils reviennent le soir même.

Les quelques personnes restantes se terrent.

Non ce n’est pas un film historique, ça se passe bien dans la vraie vie, en 2017, à Steenvoorde.

Et demain : ??????????????

 

Solidairement

La réaction de Jean-Claude Lenoir, président de Salam, à la visite du Ministre de l’Intérieur à Calais.

23 juin 2017 –

Ce simulacre de réunion avec monsieur le Ministre de l’Intérieur et de madame la Ministre est désappointant.

Monsieur le Ministre était accompagné outre de madame la Ministre, de monsieur le Préfet, monsieur le Président de Région, madame le Maire, Monsieur le Député ………….. tous étrangement silencieux. Ils ont parfois opiné du bonnet mais aucun son !

Monsieur le Ministre a parlé d’économie, de citoyenneté, vaguement d’immigration internationale mais très peu de Calais.

Son discours était d’ailleurs quasiment déjà repris dans la presse de la veille.

Les problèmes économiques notamment laissés par le gouvernement précédent ne permettent pas d’aider les Migrants !

Je me suis permis de lui opposer que dans un budget quel qu’il soit, il est possible de hiérarchiser les actions et que pour nous l’Homme est prioritaire,

L’échange fut réduit au minimum.

Nos interventions n’ont appelé que peu de réponses sinon quelques remarques systématiquement négatives.

On pouvait aussi se demander où étaient passées les associations locales si souvent enclines à multiplier les pétitions !

Un quasi tapis rouge pour monsieur le Ministre.

L’avenir s’est assombri sérieusement.

C’est l’occasion de mesurer le travail accompli ces dernières années et malheureusement non abouti.

Il nous faut alors espérer que monsieur le Président, si généreux dans ces discours, remette les pendules à l’heure au ministère de l’Intérieur !

Quelle honte !

Jean-Claude Lenoir